Les rencontres de la Décapole
Sciences et savants dans l’histoire

Mercredis 7 et 21 février 2018 à 19h30
Musée Historique – Salle de la Décapole 
Place de la Réunion – Mulhouse
Entrée libre.

Les Rencontres de la Décapole sont proposées par la Ville de Mulhouse (Musée Historique) et par l’Association Les Rencontres de la Décapole, en partenariat avec le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace.Rencontres Decapole

Mercredi 7 février 2018 à 19h30

HILDEGARDE DE BINGEN ET LA MÉDECINE DU XIIE SIÈCLE
par Laurence MOULINIER-BROGI
Agrégée de Lettres Modernes et docteur en Histoire, professeur d’Histoire médiévale à l’université Lumière Lyon 2, membre de l’UMR 5648 (CIHAM)

Si la médecine du haut Moyen Age en Occident est souvent qualifiée de monastique, c’est que c’est exclusivement dans les cloîtres qu’une médecine savante fut conservée, cultivée et perpétuée jusqu’au XIe siècle.

Au XIIe siècle, sous l’effet de différents facteurs, la donne changea : des traductions de textes médicaux perdus pour l’Occident mais conservés ailleurs en grec ou en latin permirent l’introduction de nouveaux textes, de nouveaux auteurs, de nouvelles idées. L’horizon théorique de l’Occident latin s’enrichit et s’élargit considérablement dans le domaine de différentes sciences, en particulier la médecine, et des signes précoces de ce renouveau sont manifestes à Salerne, ville du sud de l’Italie célèbre pour son « école » de médecine depuis le Xe siècle. En même temps que de nouveaux textes viennent enrichir les connaissances, l’enseignement se transforme et de nouvelles institutions voient le jour, notamment les premières facultés de médecine à la fin du XIIe siècle.

L’oeuvre médicale d’Hildegarde de Bingen, composée dans la décennie 1150-1160, se situe donc au croisement de différents phénomènes dont on tentera ici de faire la part : survie de la tradition médicale des cloîtres, apport des traductions récemment réalisées depuis l’arabe, évolution des modalités de transmission du savoir, notamment médical.

Mercredi 21 février 2018 à 19h30

LA QUERELLE DU VIDE ET LA NAISSANCE DE LA SCIENCE MODERNE
par Simone MAZAURIC
Professeur émérite d’histoire et de philosophie des sciences à l’Université de Lorraine

De 1646 à 1648, savants et philosophes se sont affrontés en France autour de la question du vide, objet de controverse depuis l’Antiquité où déjà s’opposaient « plénistes » et « vacuistes ». Le débat venait en effet d’être relancé en Italie par les travaux de Galilée et de ses élèves, notamment Torricelli.  Durant deux ans, se sont donc affrontés partisans du plein et partisans du vide, avant que le débat ne s’apaise avec la victoire – relative – des vacuistes.

L’intérêt de cette querelle est multiple, mais on peut en retenir deux aspects principaux. D’une part, elle permet d’observer la façon dont s’est alors constituée, en rupture avec les savoirs scolastiques, une nouvelle science, mécaniste dans ses principes et expérimentale dans sa méthode. D’autre part, elle donne à voir l’évolution qui affecte le fonctionnement de la vie savante, qui sort des collèges et des universités pour se dérouler au sein de ces nouvelles institutions que sont les académies privées, en même temps que les correspondances savantes jouent désormais un rôle essentiel dans la circulation de l’information et donc dans la construction et la validation de ces nouveaux savoirs. Ce sont ces deux aspects que nous nous attacherons à mettre simultanément en évidence.