Résidence Aline Veillat – Artiste chercheur

APPEL AU PUBLIC
Prenez part à un groupe de réflexion.

Aline Veillat est artiste chercheur. Actuellement en résidence à Mulhouse dans le cadre d’un  projet porté par La Kunsthalle, le Service Universitaire de l’Action Culturelle (SUAC)  et le Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques (CRESAT) de l’Université de Haute-Alsace, elle est invitée à accompagner et prolonger une recherche autour de  la culture et la  mémoire du  risque d’inondation en Alsace.

Repères de crue sur la Thur au Sud de Colmar. D.R.

Repères de crue sur la Thur au Sud de Colmar. D.R.

De novembre 2018 à décembre 2019, Aline Veillat  ponctuera son travail de rencontres, promenades, ateliers conférences. Une expérience inédite est proposée au public à cette occasion. A ceux qui ont envie d’accompagner Aline Veillat, de participer aux temps forts de sa recherche, d’échanger avec elle, de voir son travail se construire et évoluer, il est proposé de candidater afin de rejoindre ce que nous appellerons un groupe public.
Entre 10 et 12 personnes seront retenues sur des critères de motivation et d’engagement. Tout au long de l’année, les rendez-vous seront mensuels et organisés selon les disponibilités de chacun. Une première rencontre individuelle sur le thème « votre relation à la rivière » avec les personnes retenues aura lieu au cours de la semaine du 22 au 28 octobre 2018.
Envoyer votre candidature par email sur le principe d’un courrier faisant apparaitre votre intérêt pour le projet et votre engagement dans la durée avant le 1er octobre 2018 à agnes.gangloff@mulhouse-alsace.fr avec pour objet : Résidence Universitaire Aline Veillat

Main dans la main, les pieds dans l’eau
La culture de l’inondation dans le bassin Rhénan
Mon approche se veut au plus près de l’objet « cours d’eau », avec son lien au territoire et ses interactions particulières avec l’homme.
Je pars de l’idée que les cours d’eau doivent être envisagés comme des non-humains, des agents « naturels » avec qui il faut composer et « dialoguer ». Car le risque d’inondation est certes toujours lié à des facteurs dits « naturels », mais il est de plus en plus favorisé par des facteurs venant de l’anthropisation forte du territoire et du changement de climat reconnus aujourd’hui comme découlant de l’action de l’homme.
Cela m’ à emmené à explorer les liens forts que les hommes ont tissés, et tissent encore avec les entités fluviales du territoire. Inévitablement, j’en suis venue à m’intéresser au développement de l’industrie d’impression sur étoffe, dont les prémisses datent du 17 èmesiècle avec les copies des Indiennes, puis au tissage plus tard au 19 ème siècle : l’ homme a en effet canalisé et fait bifurquer des rivières, remaniant l’urbanisme pour ses industries.
C’est ainsi que j’ai commencé à envisager d’associer le tissage au fleuve, autrement dit d’associer un outil humain à un agent vivant, non-humain. Cet agent non-humain, transformateur du paysage, va dessiner des motifs singuliers et inattendus grâce à un métier à tisser. Plus précisément, en connectant des données provenant d’un fleuve à un métier jacquard programmable, le fleuve donnera vie à un tissu via un outil culturel créé par l’homme.                                  Aline Veillat